Francophonie internationale : Des élections à prévoir au poste de Secrétaire général entre Beyala, Diouf et peut être Charest...

Mardi 5 Octobre 2010
     

Abdou Diouf sollicitera un troisième mandat à titre de Secrétaire général de la Francophonie. L’écrivaine française d’origine camerounaise Calixthe Beyala a déjà annoncé qu’elle se présentera contre M. Diouf lors du prochain Sommet de la Francophonie, en Suisse, où les pays membres de l’OIF procéderont à l’élection d’un Secrétaire général. (Photo: APF/archives)
Danny Joncas


Francophonie internationale : Des élections à prévoir au poste de Secrétaire général entre Beyala, Diouf et peut être Charest...
OTTAWA – Complétant dans quelques semaines son second mandat à titre de Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf en sollicitera un troisième à l’occasion du 13e Sommet de la Francophonie à Montreux, en Suisse, du 22 au 24 octobre. Cependant, il n’est pas le seul aspirant à ce poste.

Nommé Secrétaire général de la Francophonie au Sommet de Beyrouth en 2002 puis réélu pour un autre mandat de quatre ans à Bucarest en 2006, l’ancien président sénégalais aura à se frotter à française d’origine camerounaise Calixthe Beyala, qui a déposé sa candidature il y a quelques mois déjà.

Âgée de 49 ans, l’écrivaine souhaite ainsi devenir la première femme à siéger à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), anciennement l’Agence de coopération culturelle et technique. D’ailleurs, elle estime disposer de bonnes chances de repartir de Montreux avec ce nouveau défi qui l’attend.

« J’ai obtenu énormément de soutien des pays francophones dans l’ensemble. Quand on regarde sur internet, ma candidature provoque vraiment de l’exaltation au niveau des peuples francophones, qu’ils soient du Canada, de la France, de la Belgique ou de l’Afrique. Donc tout va bien. Je n’ai pas dit que je vais gagner, je suis une démocrate, les choses ne m’ont jamais été données et je me suis toujours battue avec mes idées », dit-elle sur son site web.

Quant à son principal adversaire, Abdou Diouf, il est âgé de 75 ans et a connu une longue carrière politique au Sénégal avant de joindre les rangs de l’OIF. En effet, il a accédé à la présidence de la République du Sénégal en 1981 pour ensuite être réélu en 1983, 1988 et 1993. En 2000, il subit une défaite aux mains d’Abdoulaye Wade. Récemment, ses méthodes de gestion des fonds de l’OIF ont été remises en question à l’échelle internationale.

Charest intéressé?

Ces jours-ci, des rumeurs circulent à l’effet que l’actuel premier ministre du Québec, Jean Charest, dont le Parti libéral est éclaboussé par diverses allégations plutôt sérieuses, préparerait sa sortie de l’Assemblée nationale à Québec et qu’il aurait un intérêt envers le poste de Secrétaire général de la Francophonie.

Le bureau du premier ministre québécois confirmait, le 2 septembre dernier, que Jean Charest, qui avait été l’hôte du dernier Sommet de la Francophonie à Québec en 2008, entendait se rendre en Suisse à la fin octobre afin de participer au Sommet de Montreux.

Enfin, soulignons qu’il y a environ un an, Jean Charest avait manifesté son appui à Abdou Diouf sur les ondes de TV5. Il avait dit souhaiter que M. Diouf soit reconduit pour un troisième mandat à la tête de la Francophonie internationale.
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CALIXTE BEYALA ET LA FRANCOPHONIE

CALIXTE BEYALA ET LA FRANCOPHONIE

Des coups de talons dans la fourmilière
vendredi 22 octobre 2010,


Calixte Beyala, romancière française d’origine camerounaise, ambitionne de déboulonner Abdou Diouf au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Ce dernier voudrait rempiler pour un troisième mandat de quatre ans. Et, il est fort certain qu’il bénéficiera du soutien des chefs d’Etat, à l’occasion du XIIIe Sommet de la francophonie qui se tient du 22 au 24 octobre à Montreux en Suisse.

Reconnue pour n’avoir pas sa langue dans la poche, Calixte Beyala semble avoir choisi le moment idéal pour harponner l’organisation. Selon elle, « la Francophonie doit (...) également s’occuper des populations des pays francophones, s’impliquer un peu plus dans leur vie quotidienne, construire des écoles, construire des hôpitaux ». Sans doute la francophonie demeure-t-elle ce vaste ensemble qui unit par le biais d’une langue, des millions d’individus à travers le monde. C’est vrai, nous sommes 220 millions de francophones en 2010. Et selon une projection, on comptera de 700 à 750 millions de francophones dans le monde en 2050, dont 500 millions en Afrique. Mais qu’y gagne-t-on vraiment ?

Au-delà des manifestations culturelles et sportives, des échanges multiformes autant que de la coopération en matière d’éducation, peut-on vraiment occulter le fait que la misère s’accentue au niveau des populations ? Quelle réponse la francophonie apporte-t-elle à la demande sociale dans les pays du Sud ? On a même l’impression que plus on parle cette langue censée nous rassembler, plus des murs de visas rejetés se dressent hideusement sur les routes qu’empruntent nos jeunes avides d’apprendre, de comprendre et d’échanger. La francophonie est à ce point devenue un bastion pour les dirigeants des pays membres, qu’ils trouvent à peine le temps de discuter de la vie chère, des écoles où l’on apprend de moins en moins lorsqu’elles existent, des routes qui n’en sont pas, des centres de santé sans moyens, des amphithéâtres qui ne suffisent plus, des petites et moyennes entreprises et industries qui ferment leurs portes, des personnels démotivés et des élites démissionnaires. Calixte, célèbre écrivaine franco-camerounaise sait parfaitement qu’il lui sera très difficile de détrôner Abdou Diouf. Elle cherche surtout à secouer le cocotier francophone. Fidèle à ses habitudes de provocatrice, elle a décidé de frapper haut et fort. Elle qui ne doit plus être en quête de visibilité, voudrait peut-être porter loin un message qui dérangera certes, mais aura le mérite de recentrer les débats tant les déceptions sont grandes et vont crescendo. Calixte, dans ses envolées, n’est peut-être pas tendre. Mais comment ne pas tancer cette francophonie bien tranquille, enracinée dans des valeurs dont la célèbre femme de lettres aura elle-même du mal à se défaire pendant longtemps ? Comme une bouffée d’oxygène, Calixte vient bousculer une organisation qui, à l’évidence, ne sert pas vraiment les intérêts de la grande masse. Il nous semble venu le temps de mettre fin au garage doré de cette francophonie qui se bureaucratise et se politise au grand dam des opinions publiques. Une francophonie bien loin des préoccupations de la grande majorité des peuples qui partagent le français comme langue de travail et de communion.

Même si elle ne constitue pas elle-même un modèle de référence, on ne saurait reprocher à Calixte de ne point ménager l’organisation qui rassemble des centaines de millions de gens parlant français. Ses propos sont osés mais justes. Celle qui écrit autant qu’elle parle, c’est-à-dire d’une manière « crue », a aussi ses atouts. Son franc-parler dérange certes, mais il a le mérite de faire bouger les choses. Or, du côté des chefs d’Etat comme des élites, ce besoin d’air frais existe. Ils ont certainement mal à leur conscience quand il leur arrive de songer un peu à ceux qu’ils dirigent. Mais qu’ils peinent à avancer dans la résolution des grandes questions ! Trop souvent, ils usent de la langue de bois et du dilatoire pour dissimuler les fuites en avant. En cela, les propos de Calixte viendront leur rappeler que le développement, s’ils y ont renoncé, l’Afrique des profondeurs elle, en veut et y tient. Et elle le montre de plus en plus ouvertement chaque jour. Calixte sait Abdou Diouf indéboulonnable. Peut-être chercherait-elle à se positionner en prévision de combats futurs ? Possible. En tout cas, l’occasion est belle de remuer les méninges et de faire prendre davantage conscience de certaines réalités à ceux qui feignent de les oublier. Comment d’ailleurs ne pas se rappeler que la Suisse qui abrite cet autre sommet de la francophonie, constitue le coffre-fort des dictateurs du continent ? Comment oublier que l’Europe qui ferme ses portes aux enfants des pauvres de notre continent est un véritable paradis fiscal pour les fortunes qui s’envolent d’une Afrique où croît la misère ?

"Le Pays"
http://www.lepays.bf/spip.php?article3166

http://journaux.apf.ca/index.cfm?Voir=article&Id=57312&secteur=300&M=0 http://journaux.apf.ca/index.cfm?Voir=article&Id=57312§eur=300&M=0

Danny Joncas


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Calixthe Beyala, écrivain
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Calixthe Beyala
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Beyala & Hervé Bourges

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