Une femme libre et engagée : Calixthe Beyala

Mardi 29 Juin 2010
     

Avec plus quinze romans publiés en vingt ans, des essais, et plusieurs nouvelles, l’écrivain franco-camerounaise, candidate au secrétariat général de la Francophonie Calixthe Beyala est l’un des écrivains les plus prolifiques du continent. Elle parle plusieurs langues. – En plus du Français, elle parle l'Eton, sa langue maternelle, ainsi que le Pidgin, l'Espagnol et quelques langues africaines – ce qui témoigne d'une véritable ouverture d'esprit. Née à Douala en 1961, Mme Beyala est arrivée en France à l’âge de 17 ans. Loin de ses parents, c'est sa soeur aînée qui se charge de son éducation. Calixthe se découvre une véritable passion pour les mathématiques. Elève ambitieuse, elle étudie au Cameroun jusqu'à l'âge de 17 ans, avant de vaquer vers Paris. Elle passe alors son Bac, se marie et se consacre à des études de gestion et de lettres. S'imprégnant de la culture ambiante, Calixthe Beyala se sensibilise également aux civilisations environnantes : l'Europe, l'Afrique... Calixthe Beyala s'installe avec son mari à Malaga puis en Corse. Inspirée, elle a écrit son premier livre à vingt trois ans. Depuis, elle s'adonne activement à l'écriture, entreprise qui se verra récompensée à moult reprises : Grand Prix Littéraire de l'Afrique Noire pour son roman 'Maman a un amant', Grand prix du roman de l'Académie Française pour 'Les Honneurs perdus', Grand Prix de l'Unicef pour 'La Petite fille du réverbère'. Calixthe Beyala cumule les titres et non les moindres, elle est consacrée Chevalier des arts et des lettres, Chevalier de la Légion d'Honneur 2010 en France. Mais ces gratifications ne tarissent en rien sa volonté première : militer en faveur des femmes, et des droits des Minorités Visibles. Elle est d'ailleurs la porte-parole de l'association le Collectif Egalité.
Grand Prix du roman de l’Académie française en 1996 pour Les Honneurs perdus, elle a publié son premier livre, C’est le soleil qui m’a brûlée, en 1987. Après un détour par le Zimbabwe (La Plantation) et un roman intime (L’homme qui m’offrait le ciel), elle revient à son sujet : l’émigration africaine en France. Dans Le Roman de Pauline (Albin Michel), paru en février dernier, elle décrit les heurs et malheurs d’une jeune métisse de 14 ans en banlieue parisienne.


Calixthe Beyala, était hier sur le plateau de Africa24. Je vous fait découvrir la 4e partie de cette émission où, justement, elle brosse un peu le pourquoi de sa candidature au secrétariat général de la Francophonie.

Calixthe Beyala : la Littérature Africaine et la Francophonie

L'écrivain Calixthe Beyala revient sur la littérature de l'Afrique francophone, sur la langue française et sur la francophonie

Calixthe Beyala : Public Senat


Journée de la femme 2007


Collectif Egalité


Calixthe Beyala aborde les problèmes de l'Afrique


kidnapping au Tchad !


Deux extraits de l'émission de Paul Amar "Revu et Corrigé", qui tente de décrypter l'actualité sur la visite de Kadhafi en France. Le premier extrait est constitué par la passe d'armes entre Calixthe Beyala et Monica Hintermann

Calixte Beyala: “Kadhafi, un symbole”
13/12/2007
«Si tu rencontres un étranger, avant de le repousser, méfie-toi, tu es peut-être de vant ton frère ou devant ton miroir», dit un proverbe africain. Cet adage ne semble pas avoir sa place dans la langue de Baudelaire, à en juger par les propos de l’ensemble des médias et de la classe politique française à l’égard de Kadhafi.

D’un côté, on l’invective, on l’insulte, on le traite de dictateur, de tyran, de sanguinaire. De l’autre, on justifie sa présence par les contrats juteux dont la France bénéficierait à l’issue de cette visite de cinq jours.

La Libye, pays souverain, ne serait-elle qu’une oie à plumer et dont on enverrait la carcasse choir dans une décharge publique ? C’est à qui trouverait le qualificatif le plus humiliant pour parler du Guide libyen. Et tous d’applaudir sans frémissement aucun, comme si chaque anathème avait le pouvoir secret de nous conforter dans notre rôle du pays gardien des idéaux relatifs à la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Oublié, la France terre des expositions coloniales ! Aux or ties, cette France qui a accueilli et protégé des dictateurs de la pire espèce, et l’on aurait par ticu lièrement aimé entendre Rama Yade, notre jolie sous- minis tresse aux Droits de l’homme, tenir des propos aussi insultants contre la Chine et plus particulièrement la Russie. C’est curieux, mais on a la désagréable impression qu’elle ne retrouve sa langue que lorsqu’il s’agit de l’Afrique. Curieux !

Au-delà des règles élémen taires du savoir-vivre qui voudraient qu’on reçoive dignement un étranger, il ne serait point inutile pour nous, Français, de faire l’effort nécessaire afin de remettre en question notre perception du monde, notre défi nition du mot «respectabilité», qui ne correspondent pas forcément à celles d’autres peuples. Le centre du monde était occidental au XIXe siècle. En cette aube du troisième millénaire, il s’est fragmenté en autant de points cruciaux qu’il y a de continents, de cultures et de civili sations. Ce constat devrait nous amener à plus de retenue dans nos jugements sur ce qui est bon ou mauvais, à moins établir de lignes de démarcation entre le bien et le mal.

Cette manière de nous positionner en procureur explique que la France, magnifique pays dont la beauté de la langue et de la culture n’est plus à démontrer, devienne de moins en moins attractive pour les autres. Ce qui est dommageable à notre image, à notre économie, à moins que nous ne considérions définitivement que l’Autre ne compte pas, qu’il n’est pas notre égal.

Le colonel Kadhafi est un homme hautement respecté dans son pays et en Afrique. Ce respect n’est pas lié, comme aiment à le clamer les langues chagrines, aux pétrodollars, dont, dit-on, la Libye regorge, mais à ses actions. Il a été de tous les combats de libération des peuples opprimés. Les combattants de l’ANC en Afrique du Sud ont été heureux de le compter parmi leurs plus grands soutiens, et les Noirs maltraités de l’ancienne Rhodésie lui doivent un morceau de leur accession à l’indépendance.

Autour de sa personnalité se cristallisent les mille espoirs de l’Afrique de demain, celle qui aspire au bien-être, celle qui veut compter et compte déjà dans le concert des Nations, celle qui, pleine d’espoir et dont les yeux sont braqués sur l’horizon 2015, attend impatiemment que se confirme la création des États-Unis d’Afrique, cette organisation qui la verra plus forte, plus unie, plus que jamais pacifiée.

Oui, Kadhafi en est un des symboles forts, il en est ainsi, et pour moi qui ai visité à maintes reprises la Libye, je n’y ai point vu de peuple opprimé tel que décrit dans la presse, je n’ai point rencontré d’homme affamé, mourant sur les trottoirs.

Tout au contraire, j’ai été dans des hôpitaux gratuits, ultramodernes, où chaque ci toyen avait accès aux soins; j’ai rencontré des hommes heureux de me dire qu’à vingt-cinq ans, chacun d’entre eux avait automatiquement droit à un appartement climatisé avec eau et électricité; j’ai rencontré des jeunes femmes rieuses, voilées certes, mais souriantes, car, grâce à Kadhafi, elles fréquentent de plus en plus les universités, elles sont avocates, femmes d’affaires, médecins, mal gré le courroux des chefs religieux, qui voient leur pouvoir s’effriter face à cet homme qui a donné une place importante aux femmes dans un pays musulman; ce n’est pas moi qui le dis, mais les statis tiques des Nations unies soulignent qu’au pays du Guide, un fonctionnaire sur cinq est une femme.

J’y ai vu de magnifiques avenues, des enfants scolarisés, je n’y ai pas vu de Libyens faisant la queue devant les ambassades étrangères pour y quémander un visa, afin de fuir leur terre. Bien sûr qu’il traîne comme tout un chacun des scories, mais cela mé rite-t-il un tel déchaînement de haine, d’anathèmes ? Pour ma part, je n’ai malheureusement pas vu, à la courte échelle de ma vie, un pays parfaitement démocrate, égalitaire ou du moins pratiquant une équité sans faille.

Je me suis toujours opposée aux discours de Sarkozy relatifs à l’Afrique. Voilà qu’il me plaît qu’il reçoive le colonel Kadhafi avec les honneurs dignes de son rang. Voilà qui me fait sourire. Voilà qui me met quelque baume au cœur. Voilà qui apaise quelque peu les relations France-Afrique. Voilà qui réconcilie quelque peu, juste un petit peu, les Afro-Français avec leur nouveau président.

Via Le Figaro

CALIXTHE BEYALA dans Tout le monde en parle

En présence d'Etienne DAHO, Bruno PUTZULU, Hélène DE FOUGEROLLES, Raphaël MEZRAHI et Hervé BOURGES, Thierry ARDISSON s'entretient avec Calixthe BEYALA, auteur du livre "La plantation"...Ils évoquent notamment le collectif "Egalité" et l'opération "Ecran noir" ainsi que la polémique autour des propos tenus à plusieurs reprises par l'humoriste DIEUDONNE.

CALIXTHE BEYALA DÉBAT AVEC CHRISTOPHE ALÉVÊQUE AUTOUR DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION

DÉBAT AVEC CHRISTOPHE ALÉVÊQUE AUTOUR DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION


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Calixthe Beyala, écrivain
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Calixthe Beyala
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Beyala & Hervé Bourges

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