<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.calixthebeyala.com/xml/atom.xsl" type="text/xsl" media="screen"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.calixthebeyala.com/xml/atom.css" type="text/css" media="screen"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>Calixthe Beyala, écrivain, scénariste, candidate au poste de Secrétaire général(e) de l'Organisation Internationale de la Francophonie-OIF, Site Officiel</title>
 <subtitle><![CDATA[Site Officiel de Calixthe Beyala, écrivain, scénariste, candidate au poste de Secrétaire général(e) de l'Organisation Internationale de la Francophonie-OIF]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.calixthebeyala.com" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="http://www.calixthebeyala.com/xml/atom.xml" />
 <id>http://www.calixthebeyala.com/</id>
 <updated>2012-02-22T23:50:36+01:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.8566666</geo:lat>
  <geo:long>2.3509872</geo:long>
  <icon>http://www.calixthebeyala.com/favicon.ico</icon>
  <logo>http://www.calixthebeyala.com/var/style/logo.jpg</logo>
  <entry>
   <title>Sarkozy- la haine</title>
   <updated>2011-04-27T12:30:00+02:00</updated>
   <id>http://www.calixthebeyala.com/Sarkozy-la-haine_a40.html</id>
   <category term="News" />
   <published>2011-04-27T12:27:00+02:00</published>
   <author><name>Calixthe Beyala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Carla Bruni serait-elle vraiment enceinte ? Je m'en étonne. Oui interloquée, qu'un homme, futur papa en l'occurence Nicolas sarkozy, verse autant de sang. Tchogo, aurait dit ma grand-mère. Une malédiction si grande qu'elle ne saurait conduire que vers mort atroce !Sarkozy papa ? J'en suis toute chamboulée ! Et si c'était vrai, alors, il aurait pactisé avec  le diable et ses cornes ! Ceux-ci lui auraient reclamé du sang, du sang humain, pour augmenter son pouvoir ! Ma grand-mère aurait soutenu cette thèses, en invoquant ses ancêtres pour se protéger d'un homme aussi maléfique !Elle aurait versé un peu de lait, un peu de sel devant notre case pour empêcher l'esprit de Sarkozy de s'approcher de notre demeure... Et moi, enfant, j'aurais frissonné de peur. Et chaque soir, je me serais pelotonnée dans mon lit en grelottant ! Oui, le kong, le famla, la grande sorcellerie en quelque sorte. Mais voilà, je ne suis plus une enfant... Et grand-mère est morte il y si longtemps, oh oui, si longtemps !La nuit dernière, les Forces de la Licorne et l'Onucci s'en sont allés gaillardement bombarder le quartier de Yopougon à Abidjan ; un quartier populaire où vivent plus d'un million de personnes. Elles ont dû avoir fières allures, nos forces de se farcir à bout de canon quelques nègres qui ne demandent qu'à vivre ! La chasse à l'homme offerte gratuitement et bien payée de surcroît ! Quel sanguinaire pourrait rêver mieux ? Je suis trop vieille et les legendes de grand-mère n'accompagnent plus mes pas ; et ses peurs ne m'habitent plus. Logiquement, je me demande : Comment est-ce possible ? Y a-t-il encore des êtres humains à tuer en Côte d'Ivoire après tant de massacres ? C'est à croire !Côte d'Ivoire, Libye, Afghanistan, Irak, que de fronts de guerre pour notre nabot national ! Et comme si tout ce sang ne lui suffisait pas, le voilà à reclamer une autorisation de l'Onu pour ajouter quelques Syriens à son tableau de chasse !Sorcellerie ! clamerait grand-mère, bouleversée.Je ne crois pas en la sorcellerie. Il me vient à l'esprit que Sarkozy est un homme malheureux, malheureux en amour, souffrant peut-être d'une infirmité sexuelle ! Oui malheureux ! Car un homme heureux ne saurait sémer autant de tristesse à son alentour ! Oui triste et malheureux de ne pas pouvoir être aimé ! Triste et malheureux de ne pas pouvoir rendre une femme heureuse ! Triste et malheureux de ne pas pouvoir la satisfaire ! Mais peut-être me trompe-je ? Peut-être est-il tout à fait heureux ?Les bombes, les canons et autres armes de guerre sont pour quelques éclopés sexuel, une armure contre l'impuissance ! Ils sont la continuité d'un phallus absent ou défaillant. Ils sont leur anti-depresseur ! Leur anxiolitique ! Leur trois ave maria avant le dormir ! Ils sont leur vengeance contre ceux qui contrairement à eux donnent et recoivent l'amour en abondance, pour qui les femmes se pâment de bonheur ! Ils donnent sens à leur médiocre existence terreste ! Et si vraiment Carla Bruni était enceinte... Alors, grand-mère aurait raison : Tchogo !     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.calixthebeyala.com/Sarkozy-la-haine_a40.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Dieu est aux commandes pendant que l'on ensanglante l'Afrique !</title>
   <updated>2011-04-23T08:40:00+02:00</updated>
   <id>http://www.calixthebeyala.com/Dieu-est-aux-commandes-pendant-que-l-on-ensanglante-l-Afrique-_a39.html</id>
   <category term="Francophonie" />
   <published>2011-04-22T08:38:00+02:00</published>
   <author><name>Calixthe Beyala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il me souvient : j'étais enfant et l'on croyait aux esprits des morts, à leur présence parmi les vivants ; j'etais enfant et un esprit habitait chaque élément de la nature, l'eau de la rivière qui coulait, ces branches que le vent faisait balancer ; j'étais enfant et nous vivions environnés par les âmes de nos ancêtres ; nous ne mourions pas, puisque nous rejoignions nos aieuls dans un au-delà si proche, si palpable puisque nous ne nous étions jamais quittés ; j'étais enfant et chaque soir à l'heure du coucher, mes tantes veuves, dressaient la table pour leurs defunts époux et dans la nuit, mes oreilles d'enfant captaient les moindres bruissements dans la demeure familiale ; j'étais enfant et au reveil, grand-mère ou une cousine plus âgée parlait de la visite d'un tel aieul durant notre sommeil. J'étais enfant, nous allions à la messe avec grand-mère et nous ne manquions jamais de faire quelque libation aux ancêtres avant de porter une miette à nos bouches.J'étais enfant... Et l'homme Noir n'avait pas peur de mourir. Il ne semblait pas si attaché que cela aux choses terrestres puisqu'il n'y avait pas de rupture entre hier, aujourd'hui et demain. Et l'Homme Noir avait des convictions, il pouvait se battre pour ses idéaux jusqu'à la dernière goutte de sang... C'était il y a si longtemps, pourtant il me semble que c'était que des centaines voire des milliers d'hommes Camerounais se battaient dans les maquis, ils savaient qu'ils allaient mourir... Certains tombaient, d'autres se relevaient... Jusqu'à ce qu'il n'y eut plus personne à assassiner.Voilà que le christianisme a envahi les coeurs de l'Afrique et l'homme noir a peur de mourir.Jamais on a eu si peur de mourir que depuis que l'on prie, prie, prie Sainte Vierge Marie, Jesus-Christ, Saint Joseph et tous les autres Saints... sans oublier de vivre. Oui de vivre surtout, car à y bien regarder, ces prières ne comportent qu'une demande : mieux vivre soi ! C'est ainsi qu'aujourd'hui, on prie pour l'essentiel pour avoir du travail, on prie pour s'enrichir, on prie pour que Dieu nous donne une bonne santé..."Dieu est aux commandes, Calixthe, clament nos pasteurs. Ne t'inquiète pas"..."Aux commandes de quoi donc ? Ne cesse-je de demander et d'ajouter : Dieu ne se mêle pas d'histoires d'hommes. Il donne la foi et la force d'agir." Et l'on me rétorque " Dieu est aux commandes... Tout se passera bien, tu verras" Et tout ne s'est jamais bien passé, je le dis d'autant plus fortement que je contaste que cette religion est devenue un élément d'endormissement de la conscience des Noirs, leur exomil, leur opium !Cette manière de croire en Dieu est d'autant plus nocive qu'à l'heure où il conviendrait de se battre, se battre pour sa dignité, se battre pour la liberté des peuples, se battre pour bâtir un devenir meilleur, l'on prie pour que Dieu seul retablisse l'ordre. Qu'il nous octroie la liberté ! Qu'il donne la dignité ! Qu'il nous introduise dans l'histoire des peuples et des Nations ! Et j'en passe... Pendant ce temps, d'autres nous écrasent et pourquoi ne le feraient-ils pas ? Il rient, oui rient jusqu'à se tenir les côtes : " Quelle naïveté, se moquent-ils. Pourvu qu'ils continuent à penser que Dieu...." Et pendant ce temps, ils tuent nos enfants, violent nos femmes, pillent nos richesses. "Dieu est aux commandes, peuples d'Afrique ! "     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.calixthebeyala.com/Dieu-est-aux-commandes-pendant-que-l-on-ensanglante-l-Afrique-_a39.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La démocratie au bazooka ?</title>
   <updated>2011-01-31T16:22:00+01:00</updated>
   <id>http://www.calixthebeyala.com/La-democratie-au-bazooka_a38.html</id>
   <category term="News" />
   <published>2011-01-31T16:18:00+01:00</published>
   <author><name>C.Monga &amp; A. Mbembe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La démocratie au bazooka ? Achille Mbembe et Célestin Monga Dans les conditions actuelles où l’on est sommé de choisir une partie contre l’autre selon l’impératif de la lutte à mort, il est difficile de dire quoi que ce soit sur la crise ivoirienne, ses causes historiques, ses significations pour l’Afrique postcoloniale, les modalités de sa possible résolution et ses conséquences sur l’équilibre de la sous-région sans susciter un déchainement incontrolé de passions, voire la violence des partisans des deux camps.     <div><b>Raison et vociférations </b></div>
     <div>
      Il est pourtant impératif d’apporter autant de clarté que possible sur ses enjeux ; de chercher à entendre raison, au-delà des tragiques événements au cours desquels des civils déjà fort appauvris perdent la vie dans des combats de rue, pendant que les chefs des factions bénéficient de protection et jouissent de toutes sortes d’immunités.        <br />
              <br />
              <br />
       D’autre part, pour sortir de l’impasse, encore faut-il dépasser le dualisme Laurent Gbagbo-Alassane Ouattara. Le projet démocratique en Afrique ne saurait en effet etre réduit à une simple mystique électorale, surtout dans les contextes où chefs de guerre sans foi ni loi, vieux fonctionnaires carriéristes et entrepreneurs politiques maniant à la fois l’eau bénite et le feu se servent avant tout des élections comme d’une voie royale pour le controle des rentes et toutes sortes d’accaparements.        <br />
              <br />
              <br />
       La crise ivoirienne – tout comme d’autres qui l’ont précédée - impose par contre que l’opinion africaine et internationale se saisisse de nouveau des questions fondamentales qui détermineront l’avenir de la paix et la sécurité des peuples et des États dans cette région du monde. Ces questions sont les suivantes. Comment détermine et valide-t-on, de manière irrécusable, les résultats d’un scrutin dans un pays dont une bonne moitié du territoire est occupée par des rebelles armés combattant un gouvernement que la communauté internationale n’a pas déclaré illégitime ? À qui appartient le droit de statuer sur les contentieux électoraux en Afrique ? Comment fonctionne le principe universel de primauté entre droit national et droit international dans un État où la Constitution n’a pas été suspendue ? L’utilisation de la force militaire par des États voisins ou étrangers pour résoudre des conflits post-électoraux dans un pays indépendant se justifie-t-elle en droit ? Si oui, quels critères démocratiques doivent remplir les pays qui y envoient des soldats ? Et comment se fait-il qu’il y ait eu si peu d’interventions armées alors meme que le dévoiement des élections est devenu une pratique courante, et que les contentieux post-électoraux n’ont cessé de se multiplier en Afrique au cours des vingt dernières années ?        <br />
              <br />
              <br />
       Sur un plan similaire, quelle valeur faut-il attribuer aux prescriptions morales proclamées urbi et orbi par la communauté internationale sur un Continent où ses principes, son engouement, sa fermeté et ses sanctions s’appliquent        <br />
              <br />
       différemment selon le pays et le moment, c’est-à-dire de façon inconsistante, voire arbitraire ? Plus précisément, de quelle légitimité peut se prévaloir une ancienne puissance coloniale qui, de jour, embrasse, soutient, finance, arme et décerne des satisfecits à des autocrates répugnants et, de nuit - juge et surtout partie - entretient des bases militaires dans des pays en conflit tout en se posant en donneuse de leçons de morale et en pontife de la démocratie ?        <br />
              <br />
              <br />
       Poser ces questions alors que dans le cas ivoirien qui nous préoccupe la messe semble avoir été dite ne relève, ni de la provocation, ni de l’appel à l’inaction. Il s’agit au contraire de préalables qu’il faudrait intégrer à toute discussion sur la résolution d’une crise politique devenue le symptome des déficits structurels des marchés politiques africains d’aujourd’hui, des errements d’une communauté internationale qui se rend trop souvent en Afrique avec le dillettantisme de gens qui vont en safari, et de l’immense colère qu’une décolonisation inachevée et pervertie a laissé dans les esprits de nombreux citoyens et intellectuels africains.        <br />
              <br />
              <br />
       Par ailleurs, ce qui se joue à Abidjan n’est pas qu’une « affaire d’Africains » . Le différend ivoirien interpelle tous les peuples en quete de justice et de liberté. Alors que l’on s’accorde à dénoncer la crise du modèle démocratique y compris dans les vieux pays industriels, les leçons que l’on peut en tirer seraient donc utiles aux citoyens d’autres États de la planète. À l’heure de la mondialisation et des vives contradictions qu’elle ne cesse de produire, il s’agit en effet de redonner vie et substance au projet démocratique à la fois à l’échelle nationale et locale et à l’échelle planétaire, de remettre à jour les termes d’un contrat citoyen qui offre le cadre de stabilité à toute société humaine digne de ce nom, de circonscrire les conditions (forcément extremes) dans lesquelles le recours à la force peut etre une option dans les relations entre États et au sein des États, et de réévaluer les conditions et modes d’engagement des acteurs internationaux dans les crises régionales et nationales.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deux vérités incompatibles </b></div>
     <div>
             <br />
       Une élection a donc bel et bien eu lieu en Cote d’Ivoire. Officiellement, l’organisation des opérations pré-électorales et du scrutin présidentiel ont duré trois ans (2007 à 2010). Elles auraient couté 261 milliards de francs CFA, soit environ 57.000 francs CFA par votant. Sur cette somme, l’État de Cote d’Ivoire (c’est-à-dire les pauvres contribuables de ce pays où le revenu mensuel par habitant est de moins de 60.000 francs CFA aurait payé 242 milliards, soit 93%.        <br />
              <br />
              <br />
       Élu en octobre 2000 lors d’un scrutin qu’il n’avait pas organisé, Laurent Gbagbo avait été finalement reconnu et accepté comme Président de la République par la classe politique ivoirienne. Moins de deux ans plus tard, alors que personne ne remettait plus en cause sa légitimité, son régime avait été la cible d’une sanglante tentative de coup d’état. Ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni la CEDEAO, ni la France, ni la communauté internationale n’avaient, à l’époque, proposé une intervention militaire pour protéger un gouvernement dont tous reconnaissaient pourtant la légalité.        <br />
              <br />
              <br />
       Au contraire, les promoteurs du putsch avorté de septembre 2002 ont bénéficié des honneurs de la République. Ils ont occupé militairement la moitié nord du pays qu’ils ont gouverné à leur guise, et leur chef a fini par se faire nommer Premier ministre. Le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo s’étant achevé en 2005, il est quand meme resté au pouvoir, estimant à tort ou à raison que le controle d’une partie du territoire par la rébellion armée lui imposait de demeurer à la magistrature supreme jusqu’à ce qu’une solution de sortie de crise soit trouvée.        <br />
              <br />
              <br />
       Nul ne conteste que l’élection présidentielle de 2010 s’est déroulée dans des conditions peu optimales – la « partition » de fait du territoire national, une souveraineté passablement ébréchée en conséquence de divers compromis boiteux, et un processus inachevé de désarmement de la rébellion. La Commission Électorale Indépendante (CEI) chargée, d’après la Constitution et la loi électorale d’organiser les élections et d’en proclamer les résultats provisoires selon le mode du « consensus » n’a pu le faire dans le délai officiel des 72 heures après la fermeture des bureaux de vote. Ses 31 membres n’ayant pas pu trouver le « consensus » requis par les accords signés par les parties, son Président s’est fait conduire en pleine nuit par deux ambassadeurs occidentaux au siège de campagne du candidat Alassane Ouattara pour proclamer unilatéralement ce dernier vainqueur.        <br />
              <br />
              <br />
       S’appuyant sur des allégations d’irrégularité et de fraudes dans certaines régions du pays, le Conseil Constitutionnel qui, en tant qu’organe juridique supreme en matière électorale, avait seul la prérogative de proclamer les résultats définitifs, a annulé les résultats à ses yeux truqués du scrutin dans les trois départements de la Vallée du Bandama. Sans demander que les élections y soient reprises, que les chiffres sur les procès-verbaux soient revalidés ou que les votes y soient recomptés, il a proclamé Laurent Gbagbo vainqueur. Conséquence : les deux candidats s’arc-boutent chacun sur sa position malgré la frivolité des faits sur lesquels ils s’appuient, l’opprobre dont ils sont l’objet dans certaines zones de la Cote d’Ivoire, les menaces de guerre que leur entetement fait peser sur le pays, et les risques mortels auxquels ils s’exposent et exposent leurs compatriotes.        <br />
              <br />
              <br />
       Depuis lors, deux logiques incomplètes s’affrontent. Pour les uns, tout se ramène à une affaire de vandalisme électoral. Il suffit alors, comme le réclament à cor et à cris les héraults de la « démocratie par procuration », que la « communauté internationale » se hisse à hauteur du défi. La mise en quarantaine, l’étranglement financier et l’interdiction de voyager ne suffisant pas, une petite intervention chirurgicale conduite par les armées de la sous-région viendrait s’ajouter à la panoplie des moyens nécessaires pour extirper l’usurpateur, contraindre le larron – unilatéralement désigné ? - à la fuite, procéder à son assignation devant la Cour Pénale internationale, voire le « liquider » simplement.        <br />
              <br />
              <br />
       S’étant avérés incapables de mobiliser leurs troupes aux fins de défense de ce qu’ils affirment etre les résultats du suffrage universel au besoin par la voie d’un soulèvement populaire, une partie des Ivoiriens et de leurs alliés externes cherche maintenant à sous-traiter la besogne à des supplétifs africains – eux-       <br />
              <br />
       memes probablement originaires de pays où des élections démocratiques n’ont jamais eu lieu, tragique ironie aujourd’hui concevable seulement en Afrique. Sans doute armés, encadrés et soutenus sur le plan logistique par un cartel de pays occidentaux, ils sont invités à verser leur sang et celui de quelques milliers d’Ivoiriens dans une aventure dont les fondements en droit international et en droit ivoirien n’existent pas. Les apparences de la démocratie dans ce qui fut autrefois le joyau de l’Afrique francophone seraient ainsi sauves. Et chacun s’en irait la conscience allégée, mais sans que la vieille demande de justice universelle à l’égard de l’Afrique et des Africains – qui était au fondement de la lutte pour une véritable décolonisation - ait progressé d’un pas.        <br />
              <br />
              <br />
       Pour d’autres encore, tout ceci n’est qu’un complot – un de plus - ourdi contre le dernier des prophètes anti-impérialistes, et peut-etre un jour martyr de la lutte pour la « seconde indépendance » d’un continent pillé depuis des siècles par des prédateurs de tous bords.        <br />
              <br />
              <br />
       Quant aux États occidentaux - ceux-là meme qui n’ont cesse d’invoquer la liberté, les droits de l’homme et la démocratie, mais qui n’hésitent jamais à les fouler aux pieds chaque fois qu’il s’agit de vies de nègres – l’appui indéfectible et multiforme, actif ou silencieux, prodigué depuis 1960 aux régimes de partis uniques, aux caporaux et autres kleptocrates en civil, aux guerres de sécession (cas du Katanga et du Biafra en particulier) et à toutes formes de répressions sanglantes sur le Continent a fini d’oter toute crédibilité à leurs sermons.        <br />
              <br />
              <br />
       Dans ce procès qui dure depuis un demi-siècle déjà, ce que l’on appelle « la communauté internationale » n’est pas en reste. Qui, toutes générations confondues, ne se souvient en Afrique du meurtre de Patrice Lumumba, premier Premier ministre démocratiquement élu de la République du Congo, assassiné le 17 janvier 1960 avec la complicité silencieuse de l’ONU ? Plus près de nous, cette « communauté internationale » n’a-t-elle pas fermé les yeux sur les génocides du Rwanda, au Darfour, ou en République Démocratique du Congo ? La liste est en effet longue des « bonnes dictatures » que les propriétaires de la bonne conscience mondiale continuent de sponsoriser à travers la planète et dont les dirigeants criminels sont reçus sur tapis rouges et à coups de fanfare à Paris, Londres, Washington ou Bruxelles.        <br />
              <br />
              <br />
       Les trafiquants d’élections en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, en Biélorussie, en Lybie, en Éthiopie, en Égypte, et dans de nombreux autres pays ne dorment-ils pas tranquilles ? La toute-puissante et généreuse communauté internationale ne continue-t-elle pas de leur déverser chaque année des dizaines de milliards de dollars d’ « aide financière » ? Quant au Premier ministre kenyan Raila Odinga que l’Union africaine a affublé du titre pompeux de médiateur de la crise ivoirienne, rappelons simplement qu’il a accepté 1.500 morts dans son pays après l’élection présidentielle de décembre 2007 avant d’entrer dans le gouvernement d’un Président qu’il qualifiait la veille de « tyran sanguinaire ». Pour le reste, bien des dictateurs crapuleux n’ont pas hésité à enfourcher le cheval du nationalisme et du panafricanisme pour justifier désordre et chaos.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Le voleur de boeufs et le voleur de poules        <br />
              <br />
              <br />
       Il faut donc revenir aux constats de fond. Le premier est qu’aux élections de 2010, la Cote d’Ivoire a été piégée par l’architecture juridico-politique dont elle s’est hativement dotée pour résoudre la crise des dix dernières années. Tant que cette architecture est en place, chaque consultation électorale majeure risque de déboucher sur les memes impasses.        <br />
              <br />
              <br />
       Deuxièmement, il est désormais difficile, voire impossible, de déterminer avec exactitude lequel des deux candidats a gagné de manière incontestable le scrutin présidentiel des 31 octobre et 28 novembre. L’un et l’autre disposent de demi-arguments pour justifier leur position et défendre leur cause. Mais aucun ne dispose de toute la vérité.        <br />
              <br />
              <br />
       Troisièmement, si guerre il doit y avoir, elle sera avant tout une guerre contre les civils, comme nous l’ont malheureusement appris tant d’expériences récentes.        <br />
              <br />
              <br />
       Au demeurant, rivalisant de cynisme, les deux prétendants au trone (et leurs affidés) le savent parfaitement. Le premier semble se résigner à l’idée d’en etre la première victime. Il reve peut-etre de célébrer ses propres funérailles à la manière des hommes riches au temps de l’esclavage – au milieu d’une flambée de sacrifices humains, en utilisant si nécessaire ses parents, clients et captifs comme gages et dommages collatéraux.        <br />
              <br />
              <br />
       En appelant publiquement à une guerre d’extirpation menée par des armées étrangères dans son propre pays et contre une partie de ses compatriotes, le second voudrait accéder à la magistrature supreme par la fenetre, en marchant sur les cadavres de ses concitoyens et en instrumentalisant vaille que vaille les instances sous-régionales et internationales, lorsqu’il ne se laisse pas instrumentaliser par elles, et en contractant auprès de ses soutiens externes une lourde dette secrète qu’il fera payer, le moment venu, par toutes sortes de capitations, privilèges extra-territoriaux et abandons de souveraineté.        <br />
              <br />
              <br />
       Certes, celui qui appelle à la guerre n’a pas le meme niveau de responsabilité morale que celui qui pourrait en etre la principale cible. Mais tous les deux sont unis par une funeste dette de mort dont l’enjeu premier n’est pas la démocratie, mais l’accaparement des rentes sur fonds de relance des procédures de l’inégalité et, dans les deux cas, par le biais d’une intensification des conduites d’extraversion.        <br />
              <br />
              <br />
       Il convient d’autre part de souligner que dans cette Afrique postcoloniale, la situation ivoirienne est somme toute prosaique. Ce n’est pas la première fois – et ce ne sera sans doute pas la dernière - que l’on fait face à des perdants qui refusent de s’en aller et à des prétendants qui, voulant éviter le dur et patient travail de mobilisation de leur société, se démènent pour arriver au pouvoir dans les fourgons des armées étrangères d’occupation. Voleurs de boeufs contre voleurs de poules, c’était le cas récemment au Zimbabwe et, dans une large mesure, au Kenya. D’intervention armée, il n’y en eut point malgré l’ampleur du délit.        <br />
              <br />
              <br />
       Que dire des successions de père en fils au Congo-Kinshasa, au Togo et au Gabon, ou encore des hold-ups électoraux à répétition au Cameroun et dans presque toutes les satrapies de l’Afrique centrale, en Guinée, au Burkina-Faso, en Mauritanie, en Ouganda, au Rwanda et au Burundi, en Éthiopie, en Érythrée et ailleurs ? La réponse de « la communauté internationale » ? Nul émoi. C’est qu’à l’heure actuelle, il n’existe, ni dans le droit international, ni dans les conventions africaines (ou d’ailleurs étrangères), aucune clause prévoyant le recours à une force extérieure pour fonder la démocratie ou restaurer celle-ci à la suite d’un contentieux électoral.        <br />
              <br />
              <br />
       Le dévoiement des élections dans le cadre du multipartisme en Afrique est une question historique et structurelle. Le cout des élections en vies humaines n’a cessé d’augmenter au cours des vingt dernières années. Bien peu de ces exercices auront été conduits dans la transparence, dans des conditions de légitimité incontestables. Qui s’étonnera qu’en de si funestes circonstances, leurs résultats ne soient que rarement acceptés par tous les protagonistes ?        <br />
              <br />
              <br />
       Pis, elles sont devenues le moyen privilégié de conduire la guerre par d’autres moyens. Dans maints pays en effet, nombreux sont ceux qui, mis dans l’impossibilité de voter, ont été pratiquement déchus de leur citoyenneté. Le formidable déséquilibre entre les ressources accaparées par les partis au pouvoir et celles des formations de l’opposition est tel que la compétition est faussée dès le départ. Tout est réquisitionné par les partis gouvernementaux : l’appareil d’Etat, la bureaucratie, la police, la garde prétorienne, l’armée et les milices, la télévision nationale, l’ensemble des magistrats et la cour constitutionnelle, sans compter les deniers publics.        <br />
              <br />
              <br />
       Dans certains cas, il n’y a pas jusqu’à la « commission électorale indépendante » qui ne soit sous la botte du gouvernement. Par ailleurs, il n’est pas rare qu’elles soient précédées ou suivies par un couvre-feu, quand ce n’est pas par une déclaration d’état d’urgence. Alors qu’elles sont supposées consacrer l’idée de la souveraineté du peuple, peu nombreux sont les Etats qui peuvent les financer de manière autonome. La plupart des gouvernements dépendent partiellement ou entièrement de subsides étrangers pour en assurer l’organisation. Cette tutelle financière étrangère ne s’apparente pas seulement à de la corruption indirecte. Elle jette un discrédit sur la capacité des Africains à se gouverner eux-memes.        <br />
              <br />
              <br />
       Hormis les rares cas de l’Afrique du Sud, du Botswana, de l’Ile Maurice et, dans une moindre mesure du Ghana, les élections constituent donc l’un des baromètres les plus trompeurs de la démocratisation des régimes africains postcoloniaux. Moment privilégié de cristallisation des conflits historiques, elles servent surtout à exacerber les antagonismes déjà présents au sein des pays considérés. Il est, de ce point de vue, significatif qu’elles aient été au point de départ des conflits meurtriers les plus récents, ou en tous cas de graves crises qui menacent durablement l’existence de maints États. Au cours des vingt dernières années, les violences pré- et post-électorales ont inévitablement conduit à des désordres civils et, souvent, à d’innombrables pertes en vies humaines, à des destructions spectaculaires de la propriété et à des        <br />
              <br />
       déplacements parfois massifs de populations. Celles-ci sont ensuite abandonnées aux mains d’organisations humanitaires qui, pour justifier leur propre existence et activités, comptent de plus en plus sur la militarisation des désastres et catastrophes du Continent lorsqu’elles n’appellent pas directement à l’ingérence externe.        <br />
              <br />
              <br />
       Quel droit d’ingérence ?        <br />
              <br />
              <br />
       Parce qu’elle menace désormais la sécurité, la stabilité et le progrès des Africains, la question du respect du verdict des élections doit etre abordée avec un minimum de profondeur historique et stratégique. Les contentieux électoraux ne seront pas réglés par la boite de Pandore que sont les interventions militaires ad hoc, mais par la constitution, sur la longue durée, de nouveaux rapports de force entre l’État et la société et entre les classes sociales en voie de cristallisation. Il appartient aux Africains et à eux seuls de conduire ce travail.        <br />
              <br />
              <br />
       Aucun diktat d’aucune ex-puissance coloniale ne saurait s’y substituer. Les Africains seuls doivent décider s’ils veulent mettre un terme aux crises post-électorales à répétition. S’ils optent pour l’usage de la force (solution qui traduit par définition un déficit d’imagination morale), ils devront s’entendre au préalable sur des principes de droit collectivement négociés et qui s’appliqueraient à tous les cas sans exception. Pour etre légitimes, de telles interventions armées (forcément rarissimes) devraient etre entièrement financées par les Africains eux-memes.        <br />
              <br />
              <br />
       Du Kosovo à l’Irak, de l’Iran à l’Afghanistan, du Moyen-Orient en Amérique Latine, l’on ne saurait oublier combien la politique des « deux poids, deux mesures » a plombé au long des années la légitimité des interventions des puissances occidentales dans les affaires d’autres États. À l’appliquer en Afrique, cette politique risque d’ouvrir de nouvelles fractures et fronts d’hostilité entre États du Continent. Quelle crédibilité auraient des soldats nigérians, nigériens, gambiens, togolais ou burkinabé arpentant les quartiers d’Abidjan à la recherche de la démocratie ? Il faut en effet faire preuve soit d’un strabisme notoire, soit de haine de soi ou de mépris invétéré des Africains pour justifier qu’au sein de la CEDEAO, des régimes issus de putsch militaires ou classés comme des dictatures sur l’indicateur Freedom House aillent « sauver la démocratie » dans des pays-tiers.        <br />
              <br />
              <br />
       En plus d’accentuer la logique qui fait des élections un jeu à somme nulle, la politique des « deux poids, deux mesures » encouragerait les tentatives d’instrumentalisation des instances internationales par des acteurs crapuleux, voire alimenterait guerres ethniques et tentatives de sécession – toutes choses absolument contraires aux intérets de l’Afrique. L’alternance régulière au pouvoir en Afrique ne peut guère etre fille du droit d’ingérence. Le « droit d’ingérence » n’est pas un droit. Il est une perversion du droit. Exception faite des situations d’extrémité (cas des génocides), les appels au « droit d’ingérence » visent surtout à consacrer l’asymétrie au coeur des relations internationales. Dans le cas de l’Afrique, il faut craindre que le « droit d’ingérence » ne soit, in fine, que l’équivalent du « droit de conquete » et d’occupation qui, au temps de        <br />
              <br />
       la colonisation, justifiait l’asservissement des « races inférieures », c’est-à-dire justement celles qui, de force, avaient été déclarées incapables de se gouverner par elles-memes.        <br />
              <br />
              <br />
       Sortir du piège électoral        <br />
              <br />
              <br />
       Serions-nous par conséquent condamnés à la paralysie et à l’inaction ? Non, certes.        <br />
              <br />
              <br />
       Dans le cas de la Cote d’Ivoire, il ne reste malheureusement qu’un palette de mauvaises solutions. S’il est désormais impossible de déterminer de façon indiscutable sur la base de procès-verbaux non falsifiés qui a gagné les élections ; si les deux prétendants au trone peuvent compter chacun sur une certaine force militaire et mettre dans la rue des dizaines de milliers de partisans convaincus de leur bon droit et décidés à en découdre, alors le scénario d’une révolution démocratique visant à neutraliser Gbagbo ou Ouattara n’a pas beaucoup de chances de réussite. D’ailleurs, il est de plus en plus évident, quelle que soit l’issue de la confrontation, qu’aucun des deux hommes ne pourra, à moyen ou long terme, gouverner sereinement la Cote d’Ivoire entière et tenir les renes de l’État sans se lancer dans des « purges » de l’administration et des chasses aux sorcières dans l’armée ou au sein de la population, faisant ainsi le lit de la prochaine rébellion ou de la prochaine tentative de putsch.        <br />
              <br />
              <br />
       L’on pourrait, à la limite, envisager la partition du pays et un divorce par consentement mutuel, à l’exemple de l’ancienne Yougoslavie. Mais une telle solution n’est pas seulement écartée par les deux « Présidents ». Les grands ensembles ethno-régionaux de Cote d’Ivoire – notamment dans le sud – sont très hétérogènes et les populations y sont tellement mélangées que les déchirements et le cout économique et humain d’un éclatement seraient insupportables.        <br />
              <br />
              <br />
       Le bras de fer qui consiste à étouffer le régime de Laurent Gbagbo à coup de sanctions internationales, de retraits d’accréditation d’ambassadeurs nommés par lui, d’exclusion de ses représentants au sein des instances politiques et économiques régionales – y compris de l’Union économique et monétaire ouest-africaine et de la Banque centrale des États d’Afrique de l’ouest –, de fermeture des guichets de la BCEAO, de menaces d’embargo sur les exportations de cacao qui sont avant toute chose la principale source de revenu de millions de pauvres paysans, pourrait plonger davantage la Cote d’Ivoire dans une crise économique et financière profonde et durable dont souffrirait l’ensemble de la sous-région. À cet égard, le recours à l’asphyxie monértaire comme instrument de combat politique révèle les véritables enjeux de la Zone franc. Celle-ci montre enfin au grand jour son vrai visage d’union monétaire asymétrique, de vestige du pacte colonial, de camisole de force bridant la compétitivité et la flexibilité des économies africaines et de piège politique pour tout adversaire désigné à la vindicte des pontifes de la bonne conscience internationale.        <br />
              <br />
              <br />
       Si l’on écarte l’hypothèse d’un nouveau coup d’état militaire à la Nigérienne qui neutraliserait les deux principaux protagonistes du conflit actuel et certains de        <br />
              <br />
       leurs affidés, il reste alors une dernière (mauvaise) solution – celle qui consisterait à reprendre le second tour de l’élection présidentielle, dans de meilleures conditions de surveillance et de décompte des voix, notamment par les Ivoiriens eux-memes.        <br />
              <br />
              <br />
       Dans tous les cas, si les Ivoiriens doivent sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent et retrouver les chemins d’une réconciliation durable, il n’y a guère d’alternative à une négociation entre les parties en conflit, à un renouveau de l’imagination morale et institutionnelle, et à une refonte radicale de leur système politique. Cette réforme pourrait prendre la forme d’une conférence nationale de laquelle sortirait une assemblée constituante. À une nouvelle constitution fondée sur le principe d’une décentralisation fédérative viendrait s’ajouter une réforme du scrutin. Celle-ci inclurait, de nécessité, une dose de proportionnelle à meme d’assurer une représentation minimum de la diversité des « terroirs », tandis qu’un président fédéral honorifique serait élu au suffrage universel.        <br />
              <br />
              <br />
       Cela dit, il n’y aura pas de progrès de la démocratie en Afrique tant que les Africains ne seront pas à meme de choisir librement leurs dirigeants, c’est-à-dire, également, de congédier ceux d’entre eux dont ils ne veulent plus. Afin de parvenir à un renouvellement des élites, de la culture et des pratiques du pouvoir, il est absolument impératif que le nombre de mandats à la tete de l’État soit limité et que l’alternance au pouvoir devienne une réalité. L’une des raisons de l’enkystement des structures politiques africaines est bel et bien l’impossibilité dans laquelle se trouvent bien des peuples de se débarrasser pacifiquement de tyrans décidés à mourir au pouvoir.        <br />
              <br />
              <br />
       Mais pour que les conditions d’une alternance pacifique soient réunies, il faut repenser de fond en comble la politique, l’économie et l’architecture des élections. Ce remodelage doit etre l’œuvre des Africains eux-memes qui se doteraient, à l’occasion, d’un cadre juridique et de moyens de pression contre les pouvoirs délinquants. Ces moyens de contrainte pourraient inclure – dans de très rares cas étroitement circonscrits - des interventions militaires. La démocratie ne se réduit cependant, ni au multipartisme, ni aux élections meme si elle est impensable sans ces ingrédients. De graves divisions traversent les sociétés africaines contemporaines. La plupart sont exacerbées par l’accélération de leur structuration objective en classes antagonistes, meme si pour le moment, la conscience de classe est sinon détournée, du moins subsumée par d’autres formes de subjectivation. Dans ces conditions, le jeu démocratique dans le continent ne saurait etre un jeu à somme nulle. Il est par conséquent impératif que soient « constitutionalisés » les statuts et droits de l’opposition et que, là où cela est possible, le gouvernement par coalitions l’emporte sur l’arithmétique purement majoritaire.        <br />
              <br />
              <br />
       De façon plus décisive encore, un effort intellectuel colossal doit etre consacré non seulement à l’approfondissement du sens de la démocratie elle-meme, mais aussi à une extension progressive de ses multiples dénotations dans les conditions africaines contemporaines. Ceci implique que, dans la mise en forme des institutions de la démocratie, l’on prenne au sérieux la morphologie complexe des sociétés et surtout les pratiques quotidiennes par le biais desquelles les gens s’efforcent de soigner le lien social là où il a été endommagé, d’entretenir le minimum de cohésion nécessaire à la reproduction de la vie, bref de « faire communauté ».        <br />
              <br />
              <br />
       Si les Africains veulent devenir les initiateurs d’une impulsion potentiellement innovatrice pour la démocratie dans le monde de notre temps, alors ils doivent arreter de réciter les catéchismes et de psalmodier les versets des autres et faire oeuvre de créativité et d’imagination philosophique, politique et institutionnelle. Ils doivent forger une alternative historique à un modèle postcolonial de pouvoir qui, un demi-siècle après la décolonisation, ne sait toujours se nourrir que de la mystique du sang versé et ne sait, en conséquence, vivre que de la mort en masse de ceux qu’il est supposé servir.        <br />
              <br />
              <br />
       Dans un contexte où l’inégalité des personnes semble mieux tolérée que l’exclusion des sujets, c’est au principe représentatif lui-meme qu’il faut donner un nouveau contenu politique et juridique. Le but en la matière ne serait certes pas de pérenniser l’inégalité en tant que telle, mais de multiplier les répertoires grace auxquels l’on conjuguerait désormais systématiquement différence et inclusion, afin justement que nulle composante du corps politique ne soit abandonnée sur le bord du chemin. Au demeurant, compte tenu des réalités socio-anthropologiques du Continent, aucune expérience d’auto-gouvernement ne saurait faire fi de l’existence objective d’une pluralité de corps titulaires de pouvoirs divers. Il n’ y a pas jusqu’à l’idée meme de société civile qui ne doive etre repensée en fonction de cette multiplicité. Faute d’un déplacement substantiel de ses différentes dénotations dans différents contextes, l’idée de la démocratie en Afrique sera réduite à l’état de simple surface, vidée de tout contenu positif ; et loin de refléter la volonté du peuple, les élections resteront des moments de condensation explosive de conflits anciens – la guerre de tous contre tous.        <br />
              <br />
              <br />
       Pour le reste, le besoin de transformations radicales n’a jamais été aussi pressant qu’aujourd’hui. Mais les forces sociales capables de porter ces transformations semblent manquer à l’appel. C’est à les rassembler et à les nourrir qu’appelle le présent. Telle est l’aride tache à laquelle doivent s’astreindre les mouvements sérieux d’opposition et la coalition de tous ceux qui, contre la spirale dégénérative, veulent entreprendre la construction d’une liberté neuve en Afrique. Celle-ci doit redevenir son propre centre, sa force propre. Si, pour y parvenir, la guerre est inévitable, alors le Continent devra apprendre à choisir judicieusement ses guerres, faute de quoi consciemment ou non, il se fera chaque fois enroler dans celles d’autrui, avec des conséquences chaque fois plus catastrophiques pour son avenir.        <br />
              <br />
               <br />
       Mbembe est l’auteur de Sortir de la longue nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée (Paris, La Découverte, 2010).        <br />
              <br />
              <br />
       Monga est l’auteur de Nihilisme et négritude (Paris, PUF, 2009).        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.calixthebeyala.com/La-democratie-au-bazooka_a38.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>AFRIQUE : DE QUOI LA CÔTE D'IVOIRE EST-ELLE LE NOM ?</title>
   <updated>2010-12-27T10:20:00+01:00</updated>
   <id>http://www.calixthebeyala.com/AFRIQUE-DE-QUOI-LA-COTE-D-IVOIRE-EST-ELLE-LE-NOM_a37.html</id>
   <category term="Causes" />
   <published>2010-12-27T10:18:00+01:00</published>
   <author><name>Calixthe Beyala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On pourrait sans pour autant prendre partie, se demander si certains leaders politiques africains ont réellement le souci du bien être de leur population. La situation ivoirienne m’interroge. Comment peut-on en tant qu’homme politique responsable, expédier des enfants affronter des barrages de l’armée, donc vers une mort presque certaine et prétendre le faire pour la défense de la démocratie ou de l’intérêt public ?     <div>
             <br />
       Il s’agit de mon point de vue d’une attitude irresponsable, bassement égoïste, execrablement cynique voire inhumaine qui devrait amener tout un chacun à réfléchir sur les motivations réelles de quelques politiques qui occupent nos pays et se prétendent capables de gérer nos  cités, d’y apporter la paix et la prospérité. Je suis choquée mais aussi bouleversée de constater que la communauté Internationale, ce Club de pays riches, cette nébuleuse qui n’a qu’un objectif, dépouiller le continent africain de ses richesses,   encourage ce type de comportement.       <br />
              <br />
       La vie d’un enfant noir ne vaut-elle rien face au pétrole, à l’uranium ? C’est à craindre. A craindre que cette nébuleuse nauséabonde qui tous les jours fait jeter des  bombes sur l’Irak ou l’Afghanistan,   orchestre un génocide en Côte d’Ivoire pour atteindre son macabre dessein d’exploitation et ce avec la complicité d’Africains prêts à accepter toutes les formes de compromission pour accéder à la magistrature suprême, le Saint Graal des prédateurs. En tant que femme et mère je ne puis que demander à nos enfants de rester chez eux, de ne pas sacrifier leur vie à l’autel d’odieuses ambitions.       <br />
              <br />
       Calixthe Beyala
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.calixthebeyala.com/AFRIQUE-DE-QUOI-LA-COTE-D-IVOIRE-EST-ELLE-LE-NOM_a37.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>A LA FRANCE citoyenne au nom de la Paix en Cote d’Ivoire</title>
   <updated>2010-12-24T10:16:00+01:00</updated>
   <id>http://www.calixthebeyala.com/A-LA-FRANCE-citoyenne-au-nom-de-la-Paix-en-Cote-d-Ivoire_a36.html</id>
   <category term="Francophonie" />
   <photo:imgsrc>http://www.calixthebeyala.com/photo/art/imagette/2570086-3625152.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-12-24T09:52:00+01:00</published>
   <author><name>Félix Eboué</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sous nos yeux et dans le silence de notre indifférence se noue peu à peu un drame à venir. Au nom de ses amitiés avec un des candidats à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le Président Sarkozy est en train d’entraîner la France dans une aventure militaire. Sous le couvert de la « communauté internationale » et en instrumentalisant l’O.N.U., ses amis et lui ont décidé d’installer par la force des armes, à la tête de la Côte d’Ivoire, les principaux acteurs de la rébellion qui a endeuillé ce pays depuis 2002. Le battage médiatique auquel nous assistons depuis quelques semaines ne vise qu’à préparer l’opinion publique à ce déni de droit international. Il vise à accréditer demain la thèse d’une guerre civile entre Ivoiriens.Citoyens de France,Ne laissez pas perpétrer un autre génocide en Afrique noire, en votre nom     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.calixthebeyala.com/photo/art/default/2570086-3625152.jpg" alt="A LA FRANCE citoyenne au nom de la Paix en Cote d’Ivoire" title="A LA FRANCE citoyenne au nom de la Paix en Cote d’Ivoire" />
     </div>
     <div>
      .       <br />
       Ne vous taisez pas alors qu’il en est encore temps. Demain, la France sera coupable d’avoir créé les conditions de massacres en Côte d’Ivoire.       <br />
       Patrie des droits de l’homme et du citoyen,       <br />
       Ne sois pas indifférente au sort des peuples qui veulent assumer leurs droits souverains et défendre leurs institutions légales. Ce n’est pas un crime de vouloir être libre et de faire respecter les lois de la démocratie.       <br />
       Nous citoyens de France, croyons aux valeurs de liberté et souveraineté que la France enseigne au monde depuis des siècles.        <br />
       Citoyens de France,       <br />
       Demandons au Président Sarkozy d’œuvrer à la recherche d’une solution politique en Côte d’Ivoire plutôt que de préparer une guerre injuste contre le peuple ivoirien.        <br />
       Demain ce sera trop tard en Côte d’Ivoire à cause de votre indifférence.       <br />
              <br />
       Le collectif des citoyens de France       <br />
       Parrainé par Calixte Beyala       <br />
                <br />
       Merci de ventiler ce document autour de vous et de demander aux personnes physiques ou morales de signer la petition ci jointe. C'est une question de vie ou de mort. Merci encore pour votre humanisme       <br />
       Calixthe Beyala
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.calixthebeyala.com/A-LA-FRANCE-citoyenne-au-nom-de-la-Paix-en-Cote-d-Ivoire_a36.html" />
  </entry>
</feed>

